Nombre de monuments au cimetière du Père-Lachaise ont une dimension commémorative à l’échelle nationale. Ils font l’objet régulier de cérémonies qui rendent hommage aux victimes d’insurrections, de guerres ou de génocides.
La plupart de ces monuments commémoratifs ont été aménagés progressivement depuis le début du XXe siècle, le long de l’avenue Circulaire.
L’érection des premiers monuments collectifs
Le premier monument de ce type réalisé dans le cimetière est le monument Aux victimes de juin, qui commémore les défenseurs de la Monarchie de Juillet, survenu lors des 5 et 6 juin 1832. D’autres suivront comme celui en hommage aux soldats ayant combattu pour la défense de Paris, lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.
Le Père-Lachaise a été aussi le théâtre d’événements tragiques, comme en mai 1871, lors des derniers combats de la Semaine sanglante, avec l’exécution de nombreux communards contre l’enceinte du cimetière. Ce lieu, chargé de mémoire, sera pérennisé en 1907 sous le nom de « Mur des Fédérés », avec la pose d’une plaque. De l’autre côté du cimetière, une sculpture construite à partir de pierres originales du mur alors reconstruit est érigée en souvenir à ces 147 communards exécutés le 28 mai 1871.
Ce monument aux victimes des révolutions se situe dans le jardin Samuel-de-Champlain, le long de l’enceinte nord du cimetière. Progressivement, l’inhumation des derniers communards, puis d’hommes politiques partisans de la Commune, renforce la valeur symbolique de cet espace mémoriel.
Le cimetière du Père-Lachaise, lieu de mémoire de la Déportation
Après la Seconde Guerre mondiale, le Père-Lachaise s’impose comme le lieu du deuil des centaines de milliers de morts sans sépulture, victimes de l’extermination nazie.
De 1946 à 2017, une quinzaine de monuments évoquant chacun des camps est érigée le long de l’avenue circulaire, élargissant au souvenir de la Déportation un espace déjà dédié à la mémoire de la Commune, de l’antifascisme et de la Résistance, formant un ensemble commémoratif unique en France.

Ces monuments conservent la mission que leur ont assignés leurs concepteurs : être des veilleurs de pierre, pour rappeler aux visiteurs attentifs
et aux passants distraits « que cela fut ».
MEMORIAL DE SACHSENHAUSEN

Encore aujourd’hui, la sculpture en cuivre martelé de Jean -Baptiste Leducq s’impose à tous les visiteurs par son ampleur et sa force.
La couronne hérissée à la base du monument représente la clôture barbelée des camps.
Les poteaux de la clôture portent des racines qui donnent naissance à un arbre de douleur dont le sommet se change en flamme du souvenir.
Au centre, s’élève comme un cri vers le ciel, l’image tragique d’un déporté, le corps tendu dans l’espoir de renaître et de vivre dans la mémoire des hommes qui le regardent.
Autour du socle de granit, en lettres de bronze est écrit : « Oranienburg-Sachsenhausen ». Sur le socle une plaque avec ces mots : « Aux 100 000 morts du camp de concentration nazi.
Le camp d’Oranienburg-Sachsenhausen »