L’édition 2025-2026 du Concours de la Résistance et de la Déportation (CNRD) avait pour thème : “La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948)”.
PODCAST et DOCUMENT de PRÉSENTATION
du TRAVAIL RÉALISÉ par les ÉLÈVES
du COLLÈGE MAURICE CHASTANG (Saint-Genis-de Saintonge)
Comment avons-nous réalisé ce projet ?
Nous avons commencé le concours en novembre. On s’est réunis régulièrement avec notre professeur le mardi après la pause déjeuner, environ 40 minutes (13h15 – 13h55).
Notre professeur nous a présenté le règlement du concours et le sujet à traiter. On a très vite pensé au support final : on a rapidement retenu l’idée du podcast, on était tous d’accord sur ce type de production.
n a commencé par un travail d’analyse du sujet avec notre professeur : on s’est partagé les différentes parties du sujet puis on a produit une carte mentale à partir des mots importants. Ça nous a permis de comprendre le sujet et ce qu’il fallait aborder. Comme on était six, on avait chacun une petite part de travail.
Chaque mardi, on s’est réuni en salle informatique pour travailler les recherches avec notre professeur. On a consulté des extraits de livres et des sites web que notre professeur nous a conseillés, à partir d’une liste de ressources (sites Internet) et de passages photocopiés de plusieurs livres. Nous avons lu, trié, sélectionné les informations qui nous intéressaient. En effet, chacun de nous avait une partie du sujet à travailler : expliquer la Shoah et les camps, dater et raconter la fin de la Shoah, même chose pour la fin du système concentrationnaire, raconter la survie, sélectionner des témoins et leurs témoignages et raconter les jugements. Nous sommes allés aussi au CDI, on a posé des questions à la professeur-documentaliste qui nous a orienté sur des ouvrages et on a également fait des recherches sur E-sidoc. Même pendant les vacances, on a avancé un peu sur nos recherches. On a eu enfin la possibilité de travailler un lundi après-midi avec notre professeur grâce à l’autorisation de M. le Principal qui nous a permis de quitter nos cours habituels exceptionnellement. Au total, on a passé un peu plus de dix heures de travail avec notre professeur, mais il y a aussi le temps personnel à côté (chez nous, ou en étude au CDI).
On a pu ensuite construire des textes, que notre professeur à relus. Puis on a organisé l’ensemble de nos paragraphes avec le traitement de textes, parfois on a changé l’ordre, pour donner un sens à notre production et répondre au sujet. Il fallait aussi prévoir où l’on mettrait les témoignages de Christine Cavaillès.
Enfin, on a fabriqué le podcast : en deux séances, lundi et mardi après la pause déjeuner, nous avons lu nos textes à tour de rôle pour que chacun lise sur un temps égal. Tour à tour nous avons pris le micro et notre professeur a géré les enregistrements avec l’ordinateur. Il nous a enfin accompagné sur le logiciel de montage pour poser, délimiter et répartir les pistes sons avec un peu de musique. Il nous a fallu trouver un titre d’émission, on a proposé « Les échos du passé » et « La trame du temps ». Notre professeur a pensé que « Les échos du passé » était une meilleure idée. Il nous a fallu enregistrer aussi la présentation de l’émission comme si on était à la radio, et quelqu’un parmi nous qui était très à l’aise s’est proposée. C’est dur d’enregistrer en lisant car il ne faut pas rater. On s’entraînait au calme pendant qu’un autre enregistrait son passage. Notre professeur a parfois demandé qu’on refasse un bout d’enregistrement et on a recollé au montage. C’est une organisation complexe, il a nous a bien aidé en nous préparant un script que nous avons suivi au fur et à mesure.
NB : conformément au règlement du CNRD, le temps total des apports externes au travail des élèves s’élève à une durée approximative de 292 secondes additionnées (génériques, extraits musicaux et de témoignages), soit au maximum 5 minutes sur les 20 autorisées pour produire un document audio ou vidéo.
Nous avons été guidés par notre professeur dans les objectifs de travail. Certains on été à l’aise avec tous ces documents à étudier et ils ont vite écrit. D’autres ont trouvé ça plus difficile, car il faut s’y retrouver et répondre en même temps au sujet. Notre professeur a été à l’écoute des camarades qui avaient besoin d’aide. A la fin, ceux qui ont terminé avant ont pu aider les autres aussi.
Quels ont été les soutiens pour le réaliser ?
Nous avons eu le soutien régulier de notre professeur, qui nous a accompagné tout au long de la préparation.
Notre principal est venu nous voir lors de la 1ere réunion, ainsi que le lundi après-midi lors de la longue session de travail.
La professeur-documentaliste nous a accueilli au CDI autant que nous en avons eu besoin. Enfin, Christine Cavaillès a accepté de nous livrer des témoignages personnels pour enrichir notre production. Nous lui avons demandé des choses précises et elle avait toujours une histoire ou une personne à nous présenter. Certains de nos parents nous ont accompagné aussi quand nous avons eu besoin.
Quels étaient nos objectifs ?
Le sujet du Concours National de la Déportation et de la Résistance a intéressé certains et certaines d’entre nous, car il était lié au voyage que nous avons fait l’année dernière avec les 3e. Comme il restait des places, plusieurs élèves de 4e ont pu partir et nous avons rencontré Christine Cavaillès. On a visité Struthof et Compiègne-Royallieu. Au retour, on a raconté les lieux visités en faisant des recherches et une petite exposition de panneaux comme les 3e. Donc le sujet de cette année était vraiment très proche de tout ça. Pour d’autres, c’est simplement aimer l’Histoire et aussi l’envie d’en apprendre plus.
Sources utilisées pour nous documenter
Pour réaliser ce podcast, nous avons consulté :
Brochure :
Pour comprendre le sujet :
• Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Concours National de la Résistance et de la Déportation : la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi : survivre, témoigner, juger (1944 – 1948).
Sites Internet :
Sur la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire et juger les crimes nazis :
• Mémorial de la Shoah :
http://www.enseigner-histoire-shoah.org/outils-et-ressources/fiches-thematiques/les-grandes-etapes-de-la-shoah-1939-1945/la-liberation-des-camps.html
• Encyclopédie multimédia de la Shoah : https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/liberation-of-nazi-camps
• Sur le témoignage de Marie-Claude Vaillant-Couturier à Nuremberg https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000006774/proces-de-nuremberg-marie-claude-vaillant-couturier-evoque-la-selection-a-auschwitz.html
Extraits de livres :
Pour la chronologie de la fin des camps :
• Olga Wormser-Migot, Le retour des déportés, quand les Alliés ouvrirent les portes, 1965, réédition 2020.
• Robert Steegman, Natzweiler-Struthof, Histoire d’un camp de concentration en Alsace annexée 1941-1945, La Nuée Bleue, 2017.
• Le camp de concentration de Natzweiler (Alsace), Manuel de visite de l’ancien camp principal (pas de date d’édition indiquée).
Pour survivre et témoigner, sur Guy Chataigné et la consultation de ses dessins :
• Denis Gandouet, Guy Chataigné, Matricule 58067 à Sachsenhausen, Résistance et Déportation, Les Indes savantes, 2025.
Sur juger, d’après le témoignage de Marie-Claude Vaillant-Couturier à Nuremberg
• Alfred de Montesquiou, Le crépuscule des hommes, Robert Laffont, 2025.
Extraits d’un documentaire à la télévision :
Sur Francisco Boïx et le témoignage dans les camps :
•Les résistants de Mauthausen, Arte France, 2021 (les 15 dernières minutes).
Extraits de la presse :
Sur Simone Veil et la survie pendant et après la Shoah :
• Le Nouvel Obs, dossier « 1945, l’année qui a reconstruit la France », n° 3162, mai 2025.
Pour survivre et témoigner :
• Dernières Nouvelles d’Alsace, Les saisons d’Alsace, dossier « KL-Natweiler-Struthof, Histoire d’un camp de concentration », mai 2021.
Conférence :
Sur l’univers concentrationnaire, survivre et témoigner, sur Guy Chataigné et Michel Cavaillès :
• Christine Cavaillès, conférence à la salle de cinéma Jeanne d’Arc à Saint-Genis-de-Saintonge devant les élèves de 3e, 26 janvier 2026.
Collège Maurice Chastang (Saint-Genis-de-Saintonge)
QUI ÉTAIT MAURICE CHASTANG ?
(Source : Académie de Poitiers)
Maurice Chastang est né à Saint Fort sur Gironde, le 6 juillet 1895. Il est le cinquième enfant d’une famille de six. Après l’école communale il poursuit sa scolarité à l’École Primaire Supérieure de Pons, qui a formé bien des responsables à cette époque.
Reçu au concours de la Banque de France, il prend son poste à Limoges mais sa carrière est interrompue par la guerre de 1914-1918. Il s’engage tout de suite et à 19 ans il sera un des plus jeunes combattants volontaires. Fait prisonnier, il restera quelques mois en captivité dans les Ardennes. Après plusieurs tentatives d’évasion il est envoyé en Allemagne au camp disciplinaire de Darmstadt. Il y restera jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918. A son retour, il choisit de rester à Saint Fort sur Gironde pour travailler avec son père et son frère, dans l’entreprise familiale de “Vins et Spiritueux en Gros”.
A la suite du décès de son père, Maire de Saint Fort, une élection complémentaire a lieu et il est élu conseiller municipal le 24 février 1924. Très vite ses qualités et son ardeur mises au service de la collectivité le font remarquer et en 1931 il devient adjoint de Monsieur Poirier le Maire d’alors. Quelques années plus tard, au décès de ce dernier, c’est tout naturellement que le 29 juillet 1934 les conseillers municipaux le désignent pour conduire les destinées de la commune.
Sa vie de Maire et de citoyen a été consacrée à la collectivité avec beaucoup de compréhension, de chaleur humaine, d’amitié et de fraternité. C’est ainsi qu’il s’est toujours attaché à étudier avec beaucoup de soin et d’équité les difficultés des familles de la commune car à cette époque il n’y avait pas la couverture sociale d’aujourd’hui.
En 1935 lors des élections municipales Maurice CHASTANG est élu et reconduit dans ses fonctions de Maire par le nouveau conseil municipal.
Maurice Chastang était très attaché à sa Saintonge natale, il en incarnait bien le caractère de ses habitants avec ses qualités de patience, de bon sens, de simplicité, son sens de l’humour, sa totale disponibilité pour les autres et sa maison était ouverte à tous. Homme courageux, il ne cachait pas ses convictions et ses sentiments contre les Allemands, conservant le souvenir de la guerre 1914-1918.
La guerre de 1939-1945 éclate et son attitude vis-à-vis du Chef de l’État de Vichy est nette dès le début : il refuse de se plier aux ordres dictés par l’envahisseur tout en continuant d’administrer sa commune. Il y accueille les réfugiés ardennais chassés de chez eux par les Allemands et il organise leur installation dans sa commune. Il s’ingénie à retarder le plus longtemps possible, jusqu’au 24 juin 1940, l’installation dans le village des “troupes allemandes d’occupation” qui ont envahi une partie de la France. Il fait partie de la Résistance.
Alors, la délation, arme des lâches fait son oeuvre : une lettre d’un Français le dénonce comme anti-Allemand et le 23 septembre 1942, à 5 heures du matin, à son domicile, il est arrêté par la GESTAPO. Emmené à Jonzac puis à La Rochelle où il est interrogé et brutalisé, il refuse toujours de parler, il est alors transféré à Compiègne, dernière étape avant les camps de concentration allemands. Parti de Compiègne dans le convoi du 23-24 janvier 1943, il arrive le 25 janvier 1943 au camp de Sachsenhausen (Oranienburg près de Berlin). Il ne sera plus, à partir de ce jour, que le matricule 58064.
Il résistera aux tortures, aux souffrances, à la faim, au froid, aux maladies, tout en travaillant comme les autres déportés aux usines Heinkel. A partir du 21 avril 1945, les troupes alliées envahissent l’Allemagne. Le camp de SACHSENHAUSEN est évacué pour que les libérateurs ne trouvent pas de traces des atrocités commises.
Maurice Chastang fait donc partie de ces colonnes de morts-vivants qui sont lancées sur les routes. Il sera, comme des milliers d’autres, abattu en mai 1945, quelques jours avant l’armistice, sur la “Route de la mort” qui devait les conduire à Schwerin. Il est porté disparu.
A titre posthume, la Médaille Militaire et la médaille de la Résistance lui furent attribuées. Il figure sur la longue liste des “Morts pour la France”.
Last modified: juillet 10, 2026