Cher.e.s adhérent.e.s, peut-être avez vous déjà vu de telles lettres dans les « cartons souvenirs » de vos Déportés ?
Comment se présentent ces lettres ?
Les lettres sont composées d’un seul feuillet.
– Au recto, la lettre manuscrite, en allemand, plus ou moins censurée, adressée à la famille. – Au verso, sur une première moitié, est écrite l’adresse avec le timbre à l’effigie de Hitler (ou pas quand il y a eu des collectionneurs dans la famille).
– Au verso, sur l’autre moitié, se trouve l’adresse de l’expéditeur (le déporté) avec son nom, prénom, date de naissance et son numéro matricule ; à côté du numéro est écrit Block avec un numéro puis une série de 2 ou 3 lettres.
Dans l’exemple présenté ci-dessus, premier courrier envoyé par Georges Tempier ⌈1⌉ à ses parents, on peut lire qu’il était affecté au Block 7. Les 3 lettres qui suivent ce numéro sont HEI : c’est l’abréviation du camp usine Heinkel où Georges est resté du 12 février 1943 au 14 juillet 1944.
Pourquoi un tel intérêt pour ces informations ?
Lorsque nous écrivons les biographies des Déportés, nous notons ces données au même titre que le numéro du déporté. Le numéro nous permet de regrouper les déportés en fonction de leur transport.
Avec ces courriers, nous pouvons retrouver où les déportés étaient affectés :
– dans quel camp annexe ou kommando,
– dans quelle baraque (Block)
– et à quelle époque, en général repérée sur le cachet de la poste. À défaut, la date est souvent indiquée côté recto du courrier.
Ces données permettent, d’une part, de reconstituer le parcours du déporté et, d’autre part, de retrouver les camarades qui étaient avec lui.
Ainsi en mars 1943 Georges Tempier était dans le même Block 7 du camp Heinkel que Fernand Chatel ⌈2⌉ , Maurice Pellan ⌈3⌉ et bien d’autres.
Comment lire les courriers pour reconstituer un parcours ?
Pour certains déportés tels que Georges Tempier ou René Bourdon ⌈4⌉, nous avons plusieurs, voire de nombreuses lettres, qui nous permettent de suivre les changements de baraque au cours de leur déportation.
Prenons l’exemple de Georges Tempier :
Il logea au Block 7 à son arrivée à Heinkel (Voir sa 1ère lettre ci-dessus), puis au Block 24, comme le montrent ses lettres du 13 juin (extrait ci-dessus), 24 juin, 11 juillet, 22 août et 2 septembre 1943
Puis ce fut le Block 21, ainsi que l’atteste une lettre du 3 octobre 1943 (Extrait ci-dessus)
A partir du 17 octobre 1943 (Extrait ci-dessus), il resta au lock 6A jusqu’au 14 juillet 1944. Après quoi il a été transféré à Dachau, puis Buchenwald ; c’était après le débarquement et plus aucun courrier n’est parti de ces camps de concentration.
Cher.e.s adhérent.e.s, si vous avez dans vos archives familiales des lettres que vos ascendants ont écrites, pendant leur déportation, à leurs parents, fiancée etc.. vous pourriez, chacun et chacune, photographier ou scanner ces lettres (côté verso) et les envoyer par courrier électronique aux co-animateurs de la commission :
Claudine Morvan (morvancl76@gmail.com)
Bernard Cadiou (bernard.cadiou@orange.fr).
Ainsi, ensemble, nous pourrons avancer dans la constitution d’un dictionnaire biographique des déportés français à Sachsenhausen.
Qu’est ce qu’est ce projet de dictionnaire biographique des déportés du camp de Sachsenhausen ?
Aujourd’hui, nous sommes sollicités par de nombreuses familles qui recherchent des informations sur les déportés du camp. Nos seules sources d’informations écrites sont le Livre Mémorial de Sachsenhausen et le bulletin de l’Amicale⁶. Nous n’avons pas, comme par exemple l’Amicale des 45000 et 30000, le 3ème Monument de Mauthausen ou la rubrique du site internet de Buchenwald d’accès sur internet à des biographies de déportés. Il peut y avoir ici et là quelques biographies de déportés de Sachsenhausen comme par exemple dans les associations de déportés départementales.⁷
La commission « MémoireS et Histoire » souhaite donc initier l’écriture de biographies. L’appel aux lettres de déportés, ci-dessus, constitue une première démarche.
Cette lettre est un appel aux adhérents pour rechercher des documents, écrire ou participer à l’écriture de la biographie de leurs parents.
Ces biographies constitueront une nouvelle source d’informations auprès des jeunes, des professeurs ou tout autre public.
La commission vous informera de l’avancement des travaux et fera très certainement appel à vous pour d’autres sollicitations au fur et à mesure des besoins.
Ces biographies seront mises en ligne sur notre site internet.
Nous vous remercions d’avance de l’intérêt que vous porterez à ce projet.”
1. Un article a été consacré à Georges Tempier dans le bulletin N°256 – Sa biographie sera bientôt disponible sur le site internet de Sachso.
2. Fernand Chatel, résistant en Seine-Inférieure et au camp de Heinkel, fut Secrétaire Général de l’Amicale (1953-1983) et le principal coordonateur avec sa femme Germaine de l’écriture de notre livre « Sachso, au coeur du système concentrationnaire nazi » (Terre Humaine)
3. Maurice Pellan, résistant en Bretagne et au camp de Heinkel, a succédé à Pierre Petit à la Présidence de l’Amicale de 2002 à 2015
4. René Bourdon, résistant à Paris et dirigeant gaulliste de la Résistance à Heinkel au bureau de dessin du Halle 7 était au block 8 de février 1943 à juillet 1944 ; puis il a rejoint au block 7 ses amis dont Maurice Pellan ou le Colonel Lenz responsable de la Résistance Belge à Heinkel. Une biographie courte est publiée dans le bulletin N°257 de mars 2026 et sera visible in extenso sur le site internet de Sachso
5. Julien Lajournade « le courrier des camps de concentration .»
6. La dernière biographie publiée est celle de René Bourdon dans le bulletin 257 de mars 2026.
7. La FNDIRP-76 a publié en 2024 et 2025 deux brochures sur les victimes du nazisme à Dieppe et Caudebec les Elbeuf ; cela nous a permis de collecter les biographies de 8 déportés de Dieppe et 8 déportés de Caudebec qui sont passés par Sachsenhausen.
Last modified: mai 6, 2026