Ci-dessus :
l’immeuble en T au camp de Sachsenhausen,
ancien siège de l’inspection des camps de concentration 

A proximité immédiate du camp est installée l’ « Inspection des Camps de Concentration », désignée sous le sigle I.K.L. (Inspektion der Konzentrationslager), office créé par Himmler en juillet 1934, qui administre la totalité du système concentrationnaire.
Installée à Berlin, l’I.K.L. est définitivement transférée à Oranienbourg dans le complexe de Sachsenhausen à partir de 1936. Oranienbourg devient alors le cœur du système concentrationnaire.

L’IKL demeure une petite administration jusqu’au début de la Seconde Guerre Mondiale. On compte onze fonctionnaires à la fin de l’année 1934. Eicke laisse ses subordonnés agir à leur discrétion dans les affaires de routine. Plusieurs départements sont créés : le département politique, dirigé par Arthur Liebehenschel en 1937, le département administratif, dirigé par Anton Kaindl en 1936, et le département médical, dirigé par un médecin-chef (d’abord Friedrich Dermietzel), puis en 1937, Karl Genzken). Richard Glücks est chef du département militaire et homme de confiance de Eicke. Le , Eicke nomme Glücks chef d’Etat-major des Wachverbände avant d’en faire son adjoint.
À la fin de l’année 1936, l’IKL compte 32 fonctionnaires et, à la fin de l’année 1938, 45 fonctionnaires.

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Theodor Eicke, qui a perdu la confiance d’Himmler, est réaffecté au front, pour commander les SS-Totenkopf-Standarten et en , Glücks est promu inspecteur des camps de concentration. Il apporte peu de changements, laissant la structure comme Eicke l’avait mise en place. Dans le cadre du soutien à la machine de guerre nazie, il est décidé à la fin de l’année 1941 que les prisonniers des camps de concentration vont être assignés au travail dans les usines d’armement. Cette décision entraîne un renforcement de l’IKL qui devient le département, ou division, D (en allemand, Amtsgruppe ou Amt.) à l’Office central SS pour l’économie et l’administration (SS-Wirtschafts-Verwaltungshauptamt ou WVHA) et emploie 20 cadres SS et 80 SS subalternes. Dès la création du réseau de camps de concentration, le chef du WVHA, Oswald Pohl, avait essayé d’influencer leur gestion. Il finit par y parvenir notamment parce que l’IKL, et plus tard le département D, intervient dans la chaîne de commandement des gardiens de camps, à travers les chefs de blocs et chefs de camps. Les commandants de camps sont bien chargés de la discipline des gardiens SS, mais ils ne sont pas leurs supérieurs. Il s’agit d’un exemple frappant du principe de double subordination dans la Schuzstaffel.

En dehors des décisions relatives à l’internement et à la libération des individus, qui sont de la compétence du SD et de la Gestapo (qui deviendront des départements du RSHA), l’IKL a le contrôle complet des détenus. Elle coordonne et communique également au sujet des actions d’éliminations, comme le programme 14f13 ou le massacre des commissaires soviétiques. Les camps d’Auschwitz-Birkenbau et de Majdanek, conçus comme des camps d’extermination dans le cadre de la « Solution finale », étaient également sous la supervision de l’IKL.

Les positions de commandement dans les camps de concentration étaient systématiquement pourvues en recourant au même petit groupe d’officiers SS, qui ne furent jamais envoyés au front pendant la durée de la guerre. En écartant les 110 médecins de camps, ce petit groupe consiste en 207 hommes et quelques femmes.

En janvier 1945, on dénombrait 37 674 hommes et 3 508 femmes travaillant comme gardes dans les camps de concentration.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close Search Window