En août 1945, le camp de concentration de Sachsenhausen est devenu un camp soviétique spécial. Trois mois après la fin de la guerre, lorsque l’Europe a été libérée du joug du nazisme, les services secrets soviétiques ont transféré leur camp spécial n° 7 à Sachsenhausen.
Dans le camp, on trouvait des fonctionnaires subalternes du régime nazi, des hommes politiques persécutés et un grand nombre de personnes détenues arbitrairement.
Le camp spécial est devenu le plus grand dans la zone d’occupation soviétique, jusqu’à son démantèlement en 1950.
Après la libération, en août 1945, l’administration militaire soviétique (SMAD) utilisa le camp de concentration de Sachsenhausen en tant que camp spécial n° 7. Dans ce camp soviétique de prisonniers, ont été internés des sociaux-démocrates, des fonctionnaires nazis des niveaux inférieur et intermédiaire, des membres des forces armées, des adolescents soupçonnés d’avoir appartenu aux « Werwolfs », des opposants au nouvel ordre politique et des personnes arrêtées de manière arbitraire.
60 000 internés y vivaient dans les pires conditions. Environ 12 000 d’entre eux moururent en raison des conditions dans le camp, la faim et les maladies.
En 1950, la RDA ferme le camp, rebaptisé camp spécial n° 1 en 1948, dernier, encore en fonction, de ces camps spéciaux.
En 1956, on a commencé à planifier l’adaptation du site du camp de concentration en tant que mémorial national.
Celui-ci est inauguré quatre ans plus tard, le 23 avril 1961, par Walter Ulbricht, premier secrétaire du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED). Le premier directeur du nouveau « Lieu commémoratif national de Sachsenhausen » (Nationale Mahn- u. Gedenkstätte Sachsenhausen) est Christian Mahler, à l’époque, officier supérieur de police et qui, sous le régime nazi, avait été détenu à Sachsenhausen entre 1938 et 1943.
Les plans prévoient la suppression de la plupart des bâtiments d’origine et la construction d’un obélisque, d’une statue et d’une zone de rencontre, reflétant les perspectives du gouvernement de l’Allemagne de l’Est de l’époque.
L’obélisque du mémorial contient dix-huit triangles rouges, symbole que les nazis donnaient aux prisonniers politiques, généralement des communistes. Il y a une plaque à Sachsenhausen construite en mémoire de la Marche de la mort. Cette plaque comporte une photo de prisonniers masculins mal nourris marchant, tous portant le triangle rouge du prisonnier politique.
En 1961, le site fut déclaré lieu national de mémoire et de souvenir en RDA.
Dans les années 1990 ont démarré des travaux pour préserver les lieux originaux comme mémoriaux et 13 nouvelles expositions permanentes furent ouvertes
Depuis 1993, le centre commémoratif et le musée de Sachsenhausen appartiennent à la Fondation des mémoriaux du Brandebourg (Stiftung Brandenburgische Gedenkstätten), qui a ouvert un musée sur le site. Ainsi, depuis 1993, le Gedenkstätte und Museum Sachsenhausen (mémorial et musée de Sachsenhausen) est responsable des expositions et des recherches sur l’histoire du camp. Le travail éducatif de l’institution se concentre sur l’histoire du camp de concentration d’Oranienburg, sur divers aspects de l’histoire du camp de concentration de Sachsenhausen, sur le camp spécial soviétique et sur l’histoire du mémorial lui-même.
Le site conservé est gigantesque et fait rapidement prendre conscience de l’ampleur du drame qui s’est déroulé en ces lieux. Très peu de bâtiments d’époque ont été conservés. Cependant, un marquage au sol intelligent permet de bien se représenter la configuration d’alors. Certains espaces ont été en revanche reconstitués pour les besoins du Mémorial de Sachsenhausen, qui est également et en partie un musée.
Depuis 2015, le site du camp de Sachsenhausen, situé au 22, Strasse der Nationen à Oranienburg, est ouvert au public en tant que musée et mémorial. Plusieurs bâtiments et structures subsistent ou ont été reconstruits, notamment les tours de garde, l’entrée du camp, les fours crématoires et les baraquements du camp.
Le camp, qui a été transformé en mémorial (Gedenkstätte), couvre une superficie de 600 hectares.
500 000 personnes environ visitent le camp chaque année.
Last modified: juin 10, 2025