Last modified: septembre 15, 2025
août 4, 2025• byChristiane Costi
Photo ci-dessus : Tombe du Déporté inconnu
De passage à Paris, le samedi 2 août 2025, j’ai découvert avec beaucoup d’émotions le Mémorial des Martyrs de la Déportation, situé à l’extrémité de l’île de la Cité, non loin de la cathédrale Notre-Dame.
L’architecture sobre et les espaces étroits symbolisent l’oppression et la souffrance de ceux qui ont été déportés.
Le camp de Sachsenhausen y est bien sûr mentionné à plusieurs reprises.
Je me permets de vous faire partager quelques photos prises sur place, ainsi que diverses informations et vidéo.
Christiane Costi
Le mémorial des martyrs de la Déportation, sur l’île de la Cité à Paris, voulu par l’association “le Réseau du Souvenir” et confié à l’architecte Georges-Henri Pingusson, a été inaugurée le 12 avril 1962 par le général de Gaulle.
Vidéo ci-dessus : Ministère des Armées
« Évoquer le long calvaire d’usure, la volonté d’extermination et d’avilissement » : telle était l’intention de l’architecte Georges-Henri Pingusson lorsqu’il a conçu ce Mémorial au cœur de la capitale en 1960, enfoui en contrebas du square de l’Île-de-France. Inauguré le 12 avril 1962 par le général de Gaulle, le monument est consacré à la mémoire des déportés partis de France. Il a été voulu par l’association d’anciens déportés et résistants « le Réseau du souvenir », qui souhaitait transmettre le souvenir de la Déportation, susciter l’hommage de la Nation envers les victimes et faire réfléchir les contemporains sur les enseignements à en tirer. L’association a fait don du monument à l’État en 1964.
La visite du mémorial se conçoit comme un « parcours initiatique » qui aboutit à la crypte où sont inhumés les restes mortels d’un déporté inconnu. Quinze urnes contenant chacune de la terre et des cendres provenant des principaux camps nazis y reposent. Ce cheminement entend impliquer le visiteur en suscitant le recueillement et la méditation, par le silence et la solitude.
Texte – Source : ONac-VG
Au premier abord, le Mémorial apparaît comme une sorte de « bunker » de pierre blanchâtre. Pénétrer dans le monument requiert de descendre un escalier relativement étroit, raide, aux marches inégales. Toute la construction est réalisée en béton recouvert d’un enduit martelé où sont intégrés des graviers provenant de diverses régions de France, l’ensemble ressemblant à une pierre naturelle brute.
À partir d’une cour triangulaire, une crypte aux passages étroits et faiblement éclairés se déploie dans la masse du monument. Un long couloir protégé par une grille présente sur ses murs 200 000 bâtonnets de verre, symbolisant les innombrables victimes de la déportation dans les camps nazis. À l’entrée de ce couloir se trouve une tombe qui contient les restes mortels d’un déporté inconnu, exhumé de la Nécropole Nationale du Struthof et transféré en ces lieux le .
La cour triangulaire s’ouvre vers la Seine par une embrasure horizontale obstruée par des barres anguleuses. Les visiteurs sont pratiquement au niveau du fleuve et les seules vues vers l’extérieur se font à travers l’embrasure vers l’eau courante du fleuve ou verticalement vers le ciel où passent les nuages. Après la descente des marches, cette architecture cherche à créer une sensation étrange, où le visiteur est comme en dehors du monde qui continue à exister et à bouger au dehors.
À droite et à gauche, deux diverticules comportent, insérées dans des niches triangulaires, des urnes contenant de la terre provenant des différents camps ainsi que des cendres ramenées des fours crématoires. Sur les murs sont inscrits des extraits de poèmes ou des citations de Robert Desnos, Paul Eluard, Louis Aragon, Antoine de Saint-Exupéry, Jean-Paul Sartre.
Au-dessus, plusieurs salles présentent une exposition permanente.
Afin de renforcer la portée du mémorial et son impact auprès d’un large public, notamment les plus jeunes, un parcours pédagogique complémentaire fut inauguré en avril 1975 dans les salles supérieures, pour faire face à la montée du négationnisme. Rénové au printemps 2016, il a été finalisé en janvier 2022. Cette nouvelle muséographie, issue des derniers travaux historiques, permet de saisir les singularités des différentes déportations, d’étudier la politique répressive allemande sur le territoire français, la collaboration et d’évoquer les processus de protection des mémoires de la Seconde Guerre mondiale.
Ci-dessous : Extraits du guide de visite du “Mémorial des Martyrs de la Déportation”
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L’Amicale des anciens déportés du camp d’Oranienburg-Sachsenhausen est une association de loi 1901, dont le but est principalement le travail de mémoire et l’hommage aux déportés morts dans le camp et aux rescapés décédés